LA PHILOSOPHIE MUSULMANE

LA PHILOSOPHIE MUSULMANE
Du règne d'Al-Mamoun au début du 9ème siècle jusqu'au règne de Yacoub Al-Mansour à la fin du 12ème siècle, la liberté de penser aura connue dans le monde musulman un moment clé de son aventure universelle.

Durant ces 4 siècles de production philosophique, la philosophie fit des pas de géant grâce a l'apport majeur de grands philosophes comme Al-Kindi, Al-Farabi, Ibn-Sinna (Avicenne), Ibn Tofail et Ibn Rushd (Averroès).

Fiers de perpétuer la tradition de la Grèce ancienne, ils fondaient leur recherche de la connaissance sur la raison et l'expérience naturelle. La pensée musulmane s'appuyait sur les modes d'interprétation et les cadres conceptuels de la culture grecque.

Et ce fut sur l'initiative du grand calife al-Mamoun (813-833) que fut créée une «Maison de la sagesse », où des générations de traducteurs offrirent aux penseurs de langue arabe les textes majeurs de la philosophie antique, de la médecine, des mathématiques, sans oublier leurs nombreux commentateurs. Voilà qui donna son style à la philosophie musulmane jusqu'à nos jours: elle médita les questions métaphysiques du néoplatonisme, de l'aristotélisme et de la cosmologie de Ptolémée, dont elle tenta de concilier l'enseignement avec celui du Coran.

# Enviado el sábado 07 de enero de 2006 09:54

Modificado el martes 10 de julio de 2007 09:16

NAISSANCE DE LA NATION MUSULMANE

NAISSANCE DE LA NATION MUSULMANE
Naissance de la civilisation musulmane :

L'Arabie au 7ème siècle était situé au carrefour des routes commerciales reliant l' extrême orient (l'inde et la Chine) à l'occident. Ces routes passaient par des cités caravanières telles que la Mecque, Shawba et Maareb. Ces caravanes véhiculaient non seulement des marchandises mais aussi des idées dont les arabes furent grandement imprégnés, on peux clairement distinguer cela dans la poésie de l'époque ou l'on sent la nette influence du stoïcisme et de l'épicurisme. La poésie leur permettait d'exprimer et de transmettre une morale, une éthique, c'était leur philosophie en quelque sorte.
Le poète était la fierté de la tribu, le sage.

Avec l'apparition de l'Islam au 7ème siècle, c'est la naissance d'une identité, d'une nation qui vivaient jusqu'à lors divisée en tribus en constante querelles les unes contre les autres. Cette énergie et ce dynamisme qu'elles n'ont plus le droit d'exprimer entre elles, elles vont le déployer à l'extérieur, c'est le début de la conquête arabe qui vu le déclin avancé des empires byzantin et perse, connaîtra des victoires foudroyantes sur tous les fronts. Le nouvel empire arabe englobe désormais la majeure partie de l'ancien monde hellénistique.

Alexandrie et Antioche abritaient un nombre important d'ouvrages philosophiques et scientifiques, de même pour la perse qui fut le refuge principale des penseurs persécutés par l'orthodoxie de Byzance, mais ces savoirs allaient dans un premier temps se refuser aux arabes qui ne consentaient pas a partager le pouvoir avec les peuples conquis et nouvellement convertis a l'islam. Ces peuples dont la majorité était formé de perses et d'araméens réclamaient un droit que leur donnait explicitement le Coran, celui de partager le pouvoir avec les arabes. Ce mécontentement sera à l'origine d'une révolution qui renversera le pouvoir Omeyyade en place, ouvrant ainsi la porte à la plus glorieuse période de l'histoire de la civilisation musulmane.

# Enviado el sábado 07 de enero de 2006 10:18

Modificado el sábado 07 de julio de 2007 07:19

LA REVOLUTION SE MET EN MARCHE

LA REVOLUTION SE MET EN MARCHE
Les tentatives de Marwan pour concilier les différentes tendances qui déchiraient l'Empire n'avaient pas été convaincantes. Aux Chiites, (les partisans de Ali, le fils d'Abou Talib oncle paternel du Prophète Mahomet), se joignirent bientôt d'autres " partisans de la Famille ", ceux d'al-Saffah (qui gouverna sous le nom d'al-Abbas) et qui descendait directement d'un oncle de Mahomet.

En 736 à Kufa (al-Khufa) dans le sud de l'Irak, les Chi'ites menés par Ali ibn Zaiz se révoltèrent et réussirent à rester maîtres de la ville jusqu'en 740. Mais la rébellion finit par échouer et les armées Omeyyades reprirent le pouvoir. Toutefois cette crise avait révélé la profondeur du malaise existant entre les différentes communautés.

Al-Saffah choisit de concentrer ses forces sur la ville de Khurasan dans une province de l'est iranien. A partir de là, un mouvement d'agitation révolutionnaire se développa et en 743, à la mort du Calife, la situation dégénéra en une troisième guerre civile au cours de laquelle les habitants de Khurazan et les Chiites apportèrent leur soutien à Al-Saffah qui put ainsi " déposer " Marwan II le dernier Calife omeyyade en 750 et prendre le pouvoir sous le nom d'al-Abbas.

Cette guerre civile eut un grand impact symbolique et fut considérée comme la lutte du " Bien " contre le " Mal "... d'autant plus que durant la bataille, les Omeyyades arboraient des oriflammes blancs tandis que les Abbassides brandissaient des oriflammes noirs. Certains considérèrent que les drapeaux noirs auraient du préfigurer le deuil des Abbassides, interprétation qui fut vite retournée dans le mesure où chez les Perses, c'était le blanc qui correspondait à la couleur du deuil.

Sa victoire apportait au triomphateur des Omeyyades un immense Empire qui allait de l'Atlantique à l'Indus.

Après quoi, al-Abbas fit rechercher tous les membres de la dynastie omeyyade et les fit exécuter. Un groupe pourtant réussit à échapper au massacre. Ces rescapés de la famille de al-Andalou se réfugièrent en Espagne où, sous la conduite d'Abd el Rahaman, ils fondèrent un nouveau califat omeyyade qui allait rayonner pendant trois siècles au sud de l'Occident médiéval. Le massacre de la famille omeyyade valut à al-Abbas son surnom de " le sanguinaire ".

Mais pour les historiens, ce ne fut pas ce côté " massacreur " qui caractérisa le personnage. Al-Abbas restera surtout comme le Calife qui s'efforça de restaurer l'autorité et la paix dans l'Empire. De nombreux spécialistes considèrent même qu'il était un souverain doux et tolérant. Il n'hésita pas à intégrer dans son gouvernement des Juifs, des Chrétiens Nestoriens et des Perses. Il réorganisa aussi son armée en y incluant des non-arabes et des non-musulmans. Chose que les Omeyyades s'étaient toujours refusés à faire.
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# Enviado el sábado 07 de enero de 2006 10:41

Modificado el jueves 26 de enero de 2006 11:54

HARUN AL-RASHID

HARUN AL-RASHID
Un des plus grands Califes de Bagdad fut incontestablement Harun al-Rashid dont le nom signifie " Aaron le juste / le sage ".

Durant son enfance, le califat fut gouverné par une régence dirigée par sa mère al-Khayzuran et le grand vizir Barmakide dont la famille avait déjà servi quatre souverains précédents. Notons que les Barmakides qui étaient des dirigeants très tolérants avaient été dans les passé des bouddhistes et des zoroastiens avant de se convertir à l'islam.

Harun al-Rashid devenu le cinquième Calife de la Dynastie abbasside instaura un règne qui représente aux yeux des arabes l'apogée de l'Empire abbasside. Moment de référence tant pour l'étendue de l'Empire que pour son organisation et son rayonnement culturel, ce règne fut l'objet de maintes légendes. Dans le domaine qui nous intéresse, il constitua bien sûr une période idéale pour le développement des Sciences. Harun al-Rashid eut le mérite d'introduire la Culture à sa cour et d'essayer d'y rassembler le maximum des scientifiques dispersés un peu partout à travers le monde arabe.

En effet, en raison de cette dispersion, isolés les uns des autres et sans possibilité de confronter leurs opinions, ces érudits avaient bien du mal à parvenir à l'épanouissement de leurs capacités intellectuelles. En même temps étaient prises les premières mesures efficaces (collecte et traduction de tous les écrits de l'antiquité disponibles) qui allaient permettre à la Science Grecque de se répandre à travers tout " l'Empire islamique ".

# Enviado el sábado 07 de enero de 2006 10:41

Modificado el jueves 26 de enero de 2006 12:00

AL MAMUN ET LA MAISON DE LA SAGESSE

AL MAMUN ET LA MAISON DE LA SAGESSE
Abu Jafar al-Ma'mun ibn Harun (المأمون) ou Al-Mamun, né en 786 à Bagdad et mort dans la même ville le 10 août 833, à l'âge de quarante-sept ans est un calife abbasside qui régna à Bagdad de 813 à 833. Il est le fils du célèbre calife Hârûn ar-Rachîd, dont le règne de 786 à 809 marqua l'apogée de la dynastie.

Le soutien apporté par le calife al-Mamun aux sciences s'inscrit dans une politique générale : élaborer une culture nouvelle, d'expression arabe, intégrant l'ensemble des héritages persans et hellénistiques. Par quels moyens ? En accordant de larges pensions aux savants qui trouvaient ainsi un moyen d'existence en favorisant les traductions du grec, du syriaque, du pehlvi en arabe, en enrichissant la bibliothèque de son palais (appelé en arabe « Bayt al-hikma » ou « Maison de la sagesse ») d'ouvrages nouveaux et en l'ouvrant aux hommes de sciences et de religion qui s'y réunissaient volontiers, en finançant les travaux scientifiques (notamment de longues séries d'observations astronomiques), en commandant des livres sur les sciences nouvelles (al-Khwarizmi écrit un traité d'algèbre à sa demande), en réunissant à sa cour traducteurs, lettres et savants, de toutes origines et de toutes confessions, pour de longues soirées de discussions et de controverses.

Ce fut le plus grand de tout les caliphes, un mécène imprégné d'un grand humanisme, a qui le monde musulman doit ce formidable élan de savoir et de science. Il s'est basé sur une élite de savants éclairés en les protégants des théologiens bornés et obscurantistes, ce fut un Calife laîc avant l'heure.

# Enviado el sábado 07 de enero de 2006 10:50

Modificado el jueves 26 de enero de 2006 13:08